mercredi, 12 octobre 2005
De l'usage de la mondialisation aux bénéfice qu'il est possible d'en tirer
Vice-président SOCRATES Europe
Avant-propos
La France vit depuis le lendemain du référendum sur la Constitution Européenne, sous l’influence de quelques idées fixes, selon lesquelles, tous les maux qui ont pour nom chômage, baisse des revenus du travail, difficultés agricoles, désindustrialisation, déficit de la sécurité sociale, difficultés de se loger, immigration etc. etc. ont une même origine :
La mondialisation et son corollaire le libéralisme
Tout ce qui compte dans le microcosme politique se plaît à conforter cette idée fixe, de la gauche extrême à la droite extrême. Tous ceux qui accablent la mondialisation et le libéralisme, feignent d’ignorer que les maux cités ci-dessus, existent déjà depuis au moins 1980, alors que les deux soi-disant fléaux n’existaient pas à cette époque, et que ce qui en sont les accusateurs les plus virulents aujourd’hui étaient ou sont aux affaires depuis cette époque, plusieurs d’entre eux ayant négocié et signé les accords instaurant la mondialisation et par voie de conséquence le libéralisme.
Dans une société démocratique où les citoyens sont bien informés par des médias, libres de toute influence et indépendants, ces responsables politiques auraient été envoyés à leurs chères études et ne seraient pas en train de pavaner en-tête des cortèges de leurs victimes ou devant les caméras qui leur donnent l’occasion de poursuivre leur travail de sape de la société française et du moral des Français.
Ce qui importe pour ceux qui ne font pas partie de cette catégorie de personnalités, est la souffrance réelle de ces millions de Françaises et Français qui n’ont pas d’emploi, pas de logement, pas de protection sanitaire, pas de quoi manger et donner à manger à leurs enfants, pas les moyens de scolariser leurs enfants ou de leurs offrir des vacances convenables, enfin tous ceux qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
A ces femmes, hommes et enfants, il faut leur dire haut et fort, que leurs conditions ne sont pas dues à la mondialisation et au libéralisme, mais à l’incurie, l’incompétence et la soif de pouvoir de ceux qui aujourd’hui les dressent contre ceux qui tentent de construire une société française qui saura tirer profit de la mondialisation et du libéralisme. Nous tenterons de leur donner matière à réflexion avec ce qui suit
Il y a encore quelques années, pour savoir ce qui se passait à quelques kilomètres de chez nous, il fallait quelques heures, parfois quelques jours et souvent quelques semaines. La radio, la télévision, le fax, le téléphone avaient permis de rapprocher le monde, de mieux informer, de communiquer par-dessus les frontières et les barrières dressées par les ceux qui gouvernaient le monde, mais tout cela restait fragmentaire. Notamment, les effets sur les échanges commerciaux et sur la manière de travailler et de produire étaient peu importants. Le seul secteur qui avait profité des premiers progrès technologiques était celui des capitaux et ce malgré les contrôles de change, en vigueur dans la plus part des pays.
A partir de 1980, l’accélération des progrès technologiques, plus particulièrement dans les domaines des technologies de l’information, a modifié, non seulement la vitesse de la communication mais aussi l’organisation de travail. En réalité se sont les frontières qui ont été abolies et la planète est devenue un grand village. L’anarchie qui aurait pu s’imposer sur les échanges, en général, dans le monde, a conduit les responsables politiques à mettre en place une organisation, des institutions et des règles. Ainsi, la libération des échanges, qui serait survenue de toute façon, a été placée dans un cadre juridico-politique institutionnel. Ce cadre a été baptisé « mondialisation » par les médias francophones et « globalization » par les médias anglo-saxons.
La mondialisation n’est donc rien d’autre que l’organisation négociée des échanges commerciaux. Les différents gouvernements français ont été parties prenantes de ces négociations et ont signés les accords qui en ont résulté. Par le jeu des alternances politiques, tous les partis représentés au Parlement français ont participé à l’un ou l’autre gouvernement qui a conduit ces négociations ou qui a signé les accords. Il faut donc croire que certains, parmi eux, savaient quels auraient été les effets des accords qu’ils signaient et n’ont rien fait pour préparer l’économie française à faire face, voir, à tirer bénéfice des nouvelles dispositions. Ou bien, ils n’avaient rien compris et alors en s’y opposant aujourd’hui, ils font preuve de leur incompétence. Dans les deux cas ils méritent d’être sanctionnés par le suffrage universel !
Qu’est-ce le libéralisme ?
La France vit depuis quelques années dans la confrontation entre libéralisme et modèle social français. Ce qui est remarquable, pour l’observateur étranger, est que ces deux notions auraient dues constituer une frontière nette et claire entre la gauche et la droite. Or, il n’en est rien. Gauche comme droite, revendiquent la défense du modèle social français, de même qu’elles pratiquent, lorsqu’elles sont au pouvoir, un pseudo-libéralisme qui a pour effet d’estomper les avantages d’une économie libérale et surtout de charger lourdement l’économie française. L’interventionnisme étatique, fait partie de la culture française.
Mais si tel est le cas, ne faudrait-il pas rappeler à tous ceux qui fustigent le libéralisme et se réclament des valeurs républicaines énoncées par la Révolution de 1789, que précisément la Révolution française apparaît comme la consécration solennelle du libéralisme politique, dont les fondements philosophiques remontent au milieu du XVIIe siècle. Est-il nécessaire de rappeler que le premier mouvement libéral économique en France est né au début du XVIIIe siècle en réaction au Colbertisme. Patriotisme pour patriotisme la pensée libérale, en France, n’a rien a envié à la pensée centralisatrice (Colbertiste ?).
Lors des débats entre hommes politiques, représentants socioprofessionnels ou associatifs et journalistes ou politologues, l’impression est donnée que le libéralisme est une doctrine au même titre que le communisme.
En réalité, le libéralisme est un état d’esprit qui, sur le plan politique, prône la liberté, le respect d’autrui sans distinction de classe, de race ou de croyances religieuses. Toutes valeurs qui sont inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme, comme dans la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Sur le plan économique, le libéralisme favorise l’initiative créatrice et innovatrice, individuelle ou collective, le sens des responsabilités, et encourage la volonté d’entreprendre pour créer des richesses.
Enfin, sur le plan social, le partage des richesses ainsi créées, l’égalité des chances, la promotion sociale par le travail, le plein emploi qui contribue à l’épanouissement de l’être humain, la protection des plus faibles en leur assurant une activité qui préserve leur dignité, s’inscrivent parfaitement dans cet état d’esprit.
Le triptyque liberté, égalité, fraternité, qui constitue les valeurs républicaines françaises, s’inspire de la philosophie libérale. Promouvoir les valeurs libérales c’est promouvoir les valeurs républicaines.
Comment tirer bénéfice de la mondialisation
Dans le débat qui divise aujourd’hui les Français et qui sert de tremplin aux femmes et hommes politiques pour accaparer le pouvoir, le maître mot est se défendre contre les effets de la mondialisation et du libéralisme. La notion même du mot défendre évoque un état d’esprit passif qui conduit à l’abandon de toute initiative conquérante.
L’honnêteté, le courage et l’intérêt national exigent des responsables politiques et des médias de faire prendre conscience aux Français que :
· Ils sont dans un environnement, économique et social, mondialisé et libéral duquel ils ne peuvent se soustraire sous peine de devenir un Etat comme la Corée du Nord ou Cuba, malgré le fait que la France est, aujourd’hui encore, l’une des cinq grandes puissances économiques et commerciales.
· Ils doivent admettre que les règles du jeu, dans la compétition internationale, sont les mêmes pour tous, et qu’ils ne peuvent pas imposer leur vision du monde aux autres.
· La France est perçue à l’étranger comme une puissance en déclin pour des raisons à la fois économiques et politiques. Par ailleurs, la crédibilité de la France est entamée par le hiatus qui existe entre les discours et l’action, par l’anti-américanisme latent et enfin par le double discours sur certains sujets comme celui de la Turquie par exemple.
L’opinion publique doit se rendre compte que la mondialisation est un fait incontournable qui n’a pas que des aspects négatifs. En effet, la mondialisation a permis aux grandes entreprises multinationales du CAC 40 d’attirer des capitaux étrangers qui leur ont permis, à leur tour, d’acheter des entreprises à l’étranger, renforçant ainsi leur présence dans le monde et confortant, par là même, l’emploi en France.
Il en est de même des petites et moyennes entreprises qui ont réussi à s’implanter en Asie du Sud Est. Rien que dans la province du Sichuan en Chine, plus de 600 PMI/PME sont présentes. La mondialisation a également permis à des entreprises, japonaises et coréennes de s’implanter en France, notamment dans le Nord et en Alsace, et de créer ainsi de nombreux emplois.
Ces flux sont incessants et sont fonction des conditions de travail, des infrastructures, de la qualification de la main d’œuvre et de l’encadrement et enfin des structures de recherche existantes dans l’environnement d’accueil. Pour réussir à tirer profit de la mondialisation il convient de mettre en œuvre une politique qui rendent ces conditions plus attrayantes en France qu’ailleurs.
Parallèlement, il faut profiter des conditions particulièrement avantageuses de la Chine et des autres pays du Sud Est pour y implanter des industries permettant de produire la qualité française à des prix très compétitifs et de vendre sur des marchés porteurs tels que l’Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis.
La France est capable de relever le défi de la mondialisation. Elle en a les moyens scientifiques, de recherche fondamentale et appliquée, d’innovation, de gestion, de production. Il lui manque le savoir-faire à l’exportation et pour les grands projets de lobbying à l’anglo-saxonne.
Pour y parvenir, il faut substituer l’esprit battant et gagneur à l’esprit défensif et râleur. Il faut cesser de croire que tout le monde doit reconnaître la supériorité française et se soumettre à sa loi politique, économique, sociale et commerciale. Il faut appréhender les particularismes des autres, les respecter tout en acceptant l’émulation qui conduit à la victoire mais aussi parfois à la défaite. Et lorsqu’il y a défaite celle-ci doit être l’aiguillon pour la prochaine victoire.
C’est en se remettant en cause que les Français parviendront à se réinscrire dans leur temps et à retrouver leur place et leur influence en Europe et dans le monde
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dimanche, 11 septembre 2005
La notion de superpuissance est-elle encore d’actualité ?
Président de la Commission Génération Europe, Vice-président de SOCRATES Europe
Les images de désolation que diffusent les télévisions américaines suite au passage de l’ouragan Katrina dans le Sud des Etats-Unis, les critiques qui s’élèvent de partout dans ce pays pour dénoncer la lenteur des secours, l’imprévoyance des autorités gouvernementales, le manque de moyens et surtout le manque de systèmes de coordination dans un pays réputé pour l’excellence de sa philosophie de gestion, remettent en cause la notion de superpuissance qui détermine le comportement géopolitique de ceux qui nous gouvernent.
Cette remise en cause, doit nous inciter à écouter avec plus de circonspection ces grands gourous qui se répandent devant nos petits écrans pour nous expliquer tout, à travers cette notion périmée, en pérorant comme si nous étions des débiles qui ne comprenons rien à la realpolitik !
Finalement, la nature se charge à nous ramener à la réalité des limites du pouvoir humain et nous invite à plus d’humilité.
Après la deuxième guerre mondiale, la notion de superpuissance avait sa raison d’être car elle était représentée par deux Etats qui étaient à la tête de deux blocs d’Etats réunis chacun dans un pacte militaire (pacte de Varsovie et OTAN). Ces deux blocs se neutralisaient dans le cadre de la doctrine de l’équilibre de la terreur ce qui permettait à une multitude de petits Etats de naviguer entre les deux sans crainte de subir les foudres de l’une ou l’autre des deux superpuissances.
Mais dès les années soixante, sont apparus à la fois les limites mais aussi la fragilité des Etats superpuissants, le Vietnam et l’Afghanistan étant les illustrations les plus significatives. L’implosion du bloc soviétique, l’absence d’une Europe politique vers laquelle auraient pu se tourner les Etats nouvellement affranchis ont naturellement conduit le monde à accorder le statut de superpuissance aux Etats-Unis, pour la simple raison que la nature a horreur du vide.
Dans un premier temps, sous l’administration démocrate, les Etats-Unis ont rechigné à jouer ce rôle sur le plan politique et militaire et se sont contentés de renforcer leurs positions commerciales et économiques, considérant que cela leur suffirait pour affirmer leur puissance. Ce sont les Européens qui ont mis le pied des Américains dans l’étrier militaire en les poussant à intervenir dans les conflits du Liban, de la Somalie et des Balkans. Mais avec quelles réticences et aux prix de quelles pressions !
L’arrivée au pouvoir des néoconservateurs, avec l’élection à la présidence des Etats-Unis de George W. Bush, a complètement transformé la politique des Etats-Unis. En effet, les néoconservateurs considère que les Etats-Unis sont la seule superpuissance et qu’ils doivent imposer l’ordre universel tel que conçu par eux, au besoin par la force et en tout état de cause en ignorant purement et simplement les Nations-Unies, qui n’ont, à leurs yeux, qu’un rôle humanitaire à jouer et rien d’autre. La destruction des « Twin towers » de New York a fourni l’occasion aux néoconservateurs de mettre en application leurs théories avec les opérations notamment d’Afghanistan et d’Irak.
Sans les catastrophes provoquées par l’ouragan Katrina, les américains auraient mis quelques années encore avant de se rendre compte de l’échec des deux opérations susmentionnées, tant sur le plan militaire que sur le plan politique, notamment en Irak.
Dans un article de Paul Krugman, éditorialiste au New York Times, paru le 2 septembre 2005 sous le titre « A can’t do governement » il mentionne un rapport de l’Agence Fédérale de la gestion des urgences (FEMA) rédigé avant le 9/11/2001 qui fait état des trois catastrophes les plus vraisemblables qui menacent les Etats-Unis à savoir : Une attaque terroriste sur New York, un tremblement majeur à San Francisco et les effets d’un ouragan sur la Nouvelle Orléans. Le quotidien « The Houston Chronicle », dans un article paru en décembre 2001, décrit le « scénario de l’ouragan de la Nouvelle Orléans » comme pouvant se révéler le plus meurtrier de tous. La description faite par le journal ressemble en tous points à la réalité d’aujourd’hui.
Paul Krugman, comme tous les autres analystes rendent responsable de l’imprévoyance des autorités, de la lenteur des secours du manque de moyens en ressources humaines, matériels et finances, l’engagement des Etats-Unis en Irak. Si l’enquête diligentée par les parlementaires américains aboutissait à la même conclusion la guerre en Irak aura provoqué, à ce jour, près deux mille morts militaires et plus de dix mille morts civils au Etats-Unis même ! Mais laissons de côté ces aspects qui peuvent paraître polémiques et concentrons nous sur la question qui nous préoccupe à savoir : la notion de superpuissance est-elle encore d’actualité et si oui les Etats-Unis sont-elles encore une superpuissance ? Avant de répondre à ces questions il faut analyser ce qui s’est passé dans les Etats du Sud des Etats-Unis.
D’abord ce qui surprend dans les avatars des secours, ce ne sont pas les problèmes en eux-mêmes, mais le fait que les Etats-Unis disposant de tous les systèmes de « crash management » imaginables, qui auraient dus leur permettre de prévoir, disposer et coordonner tous les moyens nécessaires pour réagir rapidement aux effets de la catastrophe, se sont trouvés démunis dans un premier temps. Lorsqu’enfin les autorités fédérales ont pris conscience de l’étendue de la catastrophe, ils ont très rapidement mis les moyens, ce qui veut dire qu’ils en disposaient déjà et que leur mobilisation tardive était due à une très mauvaise gestion de la crise.
Ensuite ce qui frappe dans l’utilisation de ces moyens, nombreux en hommes et en matériels, c’est l’absence de tout plan cohérent et coordonné et son caractère plutôt sécuritaire qu’humanitaire. Comme si le syndrome de l’opération (humanitaire) en Irak, c’était transposée sur le sol américain.
Il ne fait pas l’ombre d’un doute que les Etats-Unis disposent de cette intelligence dans tous les domaines, mais qu’actuellement celle-ci fait cruellement défaut au plus haut niveau de l’Etat. Or, pour assumer un rôle de superpuissance, l’Etat concerné doit faire la preuve de sa capacité de faire adhérer les autres Etats à un projet politique par la force de ses convictions bien plus que par la force. De ce point de vue les Etats-Unis ne sont plus une superpuissance.
Faut-il se réjouir de ce constat ? Certainement pas. L’échec des initiatives politiques du Président des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak auquel s’ajoutent les échecs en matière de politique intérieure ont des conséquences dramatiques pour ceux qui les subissent mais aussi pour tout l’environnement mondial.
En effet, les actes terroristes se sont multipliés et mondialisés, alors qu’auparavant ce type d’actes était circonscrit localement, et la plupart des mouvements nationaux qui en étaient responsables s’en écartaient progressivement face au rejet de leurs opinions publiques. Par ailleurs, l’emballement du prix du pétrole et ses conséquences sur l’économie mondiale ne sont pas étrangers aux suites des aventures guerrières des Etats-Unis. Que dire de l’image que donne cette grande démocratie, de son attachement aux valeurs des Droits de l’Homme et de la prééminence du droit en général, au regard du traitement que son administration militaire fait subir aux prisonniers de Guantanamo et d’Abou Ghraib à Baghdâd.
Enfin, comment ne pas déplorer les conséquences des effets psychologiques que ne manqueront pas d’avoir sur l’opinion publique mondiale, la suggestion que le système le plus efficace en économie a laissé au bord de la route, les plus défavorisés de sa communauté nationale.
Quel gâchis, simplement parce que l’incompétence a été érigée en système par un Président dont sa propre compétence reste encore à prouver. Il y a lieu, en effet, à faire observer que toutes les institutions constituées, telles que les Agences d’observation des risques naturels avaient tiré la sonnette d’alarme sur les risques encourus par ces régions et sur les mesures et travaux qui auraient dû être entrepris pour limiter ces risques ou le corps des gardes-côtes, dont l’abnégation et l’expérience ont permis de limiter les dégâts.
Nul doute que l’esprit d’entreprise des américains, l’efficacité de leur système économique et leur patriotisme, leur permettra de sortir rapidement de cette crise, mais la démonstration est faite de l’inefficience du système de gouvernance mondiale reposant sur une seule superpuissance.
Tous ceux qui ont cru pouvoir participer à la gouvernance mondiale, en sa ralliant sans conditions au char des Etats-Unis devraient méditer sur ce qui vient de se passer. Ils devraient, notamment, s’inspirer de l’attitude de la Chine qui s’affirme comme une véritable superpuissance. Au lieu de rechercher une protection militaire et économique, hypothétiques, des Etats-Unis, ils feraient mieux d’œuvrer pour une plus grande coordination et solidarité au sein de l’environnement géographique dans lequel ils se trouvent. Alors, cet environnement géographique pourra traiter d’égal à égal avec les Etats-Unis et la Chine.
Tout le monde aura compris que je pense à l’Europe et que de ce fait la politique européenne de la France sera déterminante pour encourager tous ses partenaires, sans exception, à un plus grand élan européen à leur bénéfice et à celui de notre continent.
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vendredi, 29 juillet 2005
L’entente cordiale à réinventer d’urgence
Par Jean-André Tsimaratos, Président Commission Génération Europe.
La construction européenne de la deuxième moitié du 20e siècle est dominée par l’antagonisme de deux concepts : l’intégration opposée au libre échange. Cet antagonisme s’est transformé, peu à peu et à tort, en un antagonisme franco-britannique qui a atteint son paroxysme avec la guerre de l’Irak et le référendum sur le Traité Constitutionnel....
L’irrationalité du comportement des hommes politiques de ses deux vieilles nations européennes, et plus particulièrement des français, les conduisent à des attitudes et des comportements pour le moins suicidaires, au regard de leurs propres intérêts et de ceux de l’Europe, voire du monde qui n’ont, à regarder de plus près, rien à voir avec l’antagonisme des concepts.
En effet, la France, bien qu’initiatrice de l’Europe communautaire, a toujours été plus proche d’une Europe des nations que d’une Europe fédérale ou fortement intégrée. Lorsqu’elle évoque une Europe plus intégrée, c’est en ayant en arrière pensée, une intégration autour de la France.
De son côté le Royaume-Uni, ayant perdu son statut d’hyper puissance au lendemain de la deuxième guerre mondiale, n’a jamais renoncé à l’ambition de peser sur le cours de l’évolution du monde. Son insularité, son passé coloniale l’ont, naturellement, poussé à regarder vers l’Ouest au-delà de l’atlantique et vers l’Est au-delà de l’Oural. Une Europe, même si elle devait était intégrée autour du Royaume-Uni, ne lui paraît pas correspondre à sa vision d’influence dans le monde. Par ailleurs, le Royaume-Uni a construit sa puissance autour de ses échanges commerciaux ce qui explique sa prédilection pour le concept de libre-échange.
En réalité la France comme le Royaume-Uni ne parviennent pas à renoncer, complètement, au statut qui était le leur avant la deuxième guerre mondiale. C’est en imprimant à l’Europe leurs concepts respectifs qu’ils espèrent y parvenir. La France, en tentant de forger une Europe aussi intégrée que possible sous sa tutelle politique, et le Royaume-Uni, en se fondant sur une Europe organisée comme une vaste zone de libre échange, dont il serait le « primus inter pares » en raison de sa puissance financière, économique et commerciale.
Jusqu’à la chute du mur de Berlin, l’Allemagne de l’époque avait joué le jeu de la France, car c’était le moyen le plus sûr de la faire exister politiquement, ce que sa dimension économique ne lui permettait pas. Le tandem Franco-allemand conduisait l’évolution de la construction Européenne et le Royaume-Uni veillait à sauvegarder ses intérêts vitaux et son indépendance.
Mais depuis la chute du mûr, la réunification de l’Allemagne, l’implosion de l’Union Soviétique et de son camp et enfin l’élargissement massif de l’Union Européenne, le tandem Franco-allemand s’est fissuré. Les prochaines élections législatives en Allemagne risquent de lui porter un coup mortel au cas, très probable, d’une victoire de la CDU.
Les raisons de cette évolution du tandem sont multiples, mais deux paraissent en être les causes principales :
· La première est politique et a trait à deux différends majeurs, l’un concernant la réunification de l’Allemagne, mollement soutenue par François Mitterrand, l’autre relatif à la politique balkanique.
· La deuxième est économique. En effet, le coût de la réunification de l’Allemagne s’est avéré beaucoup plus important que ne l’avait estimé le chancelier Kohl. De ce fait, l’Allemagne a perdu sa première place de puissance économique en Europe au profit du Royaume-Uni. Elle ne peut donc plus imposer avec le même poids le point de vue du tandem, d’autant plus que l’Union Européenne s’est élargie à 25. C’est élargissement a affaibli l’influence de la France au profit du Royaume-Uni, qui est considéré par les nouveaux entrants comme le modèle économique et social à suivre. Par ailleurs, l’Allemagne se rappelle de son influence économique sur la « mitteleuropa ».
La fin annoncée du tandem Franco-allemand, depuis plus de dix ans, aurait dû inciter les responsables politiques en France de préparer l’avenir, en élaborant de nouvelles stratégies qui aurait permis à la France de sauvegarder, voire renforcer son influence, en Europe et par là même dans le monde. Rien n’y fut !
Alors qu’en Allemagne, l’opposition chrétienne-démocrate prenait l’initiative de redéfinir la politique européenne de ce pays, laissant le soin au chancelier Schroeder de faire vivre les derniers instants du tandem, en France ni la majorité qui gouverne et encore moins l’opposition n’esquisser le moindre plan de substitution.
Pire encore, pendant la campagne référendaire, les partisans du OUI évoquaient la survie du tandem pour inciter les français à approuver le Traité Constitutionnel alors que les tenants du NON s’accrochaient au « au modèle social français » et à « la souveraineté nationale » pour inviter les français à rejeter ce Traité. Les uns comme les autres feignaient ignorer les conséquences de la fin d’une époque !
Les Français commencent à découvrir les conséquences de leur aveuglement politique, dont les résultats du référendum ne sont qu’un des effets. Prise triomphale du pouvoir de l’Union Européenne par les britanniques, avec l’appui des nouveaux entrants et bientôt de l’Allemagne et de certains anciens alliés traditionnels de la France qui veulent sauver les meubles lors de la restructuration inéluctable des choix budgétaires (Grèce, Portugal, Espagne, Italie). Perte des Jeux Olympiques, alors que Paris était à quelques heures du choix grand favori. Image dégradée du pays partout dans le monde et défaitisme grandissant à l’intérieur du pays.
Plutôt que de prendre conscience de l’absolu nécessité de faire des révisions déchirantes, les responsables politiques français continuent à cultiver le sentiment primaire anti-anglais en critiquant …….leur cuisine, leurs us et coutumes, leurs méthodes économiques. Ils ignorent que les progrès culinaires en Angleterre, particulièrement à Londres sont foudroyants, grâce aux chefs français qui s’expatrient pour pouvoir mieux travailler qu’en France ! Ils ignorent que ce qui fait la puissance
britannique ce sont précisément leurs us et coutumes. Sans eux, les îles britanniques auraient été envahies par les troupes de Hitler, les Malouines seraient argentines, les JO de 2012 auraient été concédés à Paris et Londres ne se relèverait pas des attentats terroristes du 8 juillet 2005. Enfin, ils sont aveugles face au redressement économique opéré par ce pays en deux décennies.
La France est un grand pays, une grande nation. Sa contribution à l’humanité est incommensurable sur les plans de la culture, des arts et des lettres, de l’architecture, du droit, des droits de l’homme. La France n’a jamais été aussi grande que lorsqu’elle s’est ouverte au monde, lorsqu’elle a accueilli en son sein tout ce qui venait de l’étranger car
elle avait confiance en son génie, lorsqu’elle a fait preuve d’audace et non pas de retenue. C’est cette France qu’il faut réinventer !
Pour y parvenir, il faut faire table rase de tous les préjugés et de toutes les certitudes. Il faut accepter le monde qui change et adapter sa stratégie selon ce qui est et non pas ce que l’on voudrait que ce soit. Il faut adopter les mesures qu’impose l’ambition de la grandeur de la France et abandonner celles qui obèrent cette ambition. Il faut adapter ses alliances à la réalité géopolitique et ne pas s’accrocher aux réminiscences du passé.
Pour jouer le rôle humaniste qui est le sien, la France doit faire partie des nouvelles alliances qui se nouent en Europe. Le tandem Franco-allemand doit céder sa place à une troïka composée du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la France, associée à l’Italie, à l’Espagne et à la Pologne. Cette structure politique représenterait, de manière équilibrée, à la fois les préoccupations économiques et sociales ainsi que les intérêts régionaux (méditerranée, Europe continentale et Europe centrale). De cette façon, l’opposition frontale de ceux, qui en France, se réclament de l’économie du marché social contre ceux qui pratiquent le libéralisme, n’aurait plus sa raison d’être.
L’analyse sereine des blocages actuels de l’Europe nous permet de conclure que la diversité des Etats qui la composent ne milite pas en faveur de la mise en place d’un système économique, social et politique monolithique. Le système central doit être suffisamment souple pour permettre à chaque Etat d’adopter la politique que ses citoyens souhaitent se voir appliquer. L’Europe ne sera pas plus à l’image de la France qu’elle ne le sera à l’image du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou de l’Italie. Elle sera à l’image du génie de chacune de ses composantes.
Il est donc urgent de réinventer l’entente cordiale.
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dimanche, 10 juillet 2005
Socrates s'étend vers la Méditerranée...
SOCRATES Europe s'étend vers la Méditerranée pour renforcer sa capacité de réflexion et d'action. Mme Fatima Malki Bensoltane anime et développe cette entité avec le soutien de l'équipe française.
Nous vous invitons donc à visiter le nouveau site web en construction: www.socrates-mediterranee.com.
Vous pourrez à partir de ce site revenir sur le site principal....bonne visite.
Prochainement, un programme complet d'activité vous sera proposé. Nous commencerions par un colloque en fin d'année sur la notion de Genre ou comment nous développer de manière durable en considérant la Diversité globale comme une force formidable.
Cordialement.
Geoffroy VILBERT.
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lundi, 03 janvier 2005
Bulgarie : entre euroscepticisme et euroillusions, le nécessaire
Plus la perpective de l’adhésion européenne de la Bulgarie se rapproche, plus le débat politique devient confus. Tandis que l’euroscepticisme pointe le bout de son nez, les «euroillusions» sont toujours légion..
L’adhésion ne marque pourtant pas le terme mais le début d’un long processus. Elle ne résoudra pas tous les problèmes, et le niveau des Bulgares dépendra toujours de leur travail et de leurs choix politiques..
Il est temps de pratiquer un rigoureux «euroréalisme».
En savoir plus...
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