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dimanche, 27 novembre 2005
RSE : avantage concurrentiel ? Mais quelle légitimité démocratique ?
Le Groupe de Communication PLEON, représenté notamment par M Gilles CHAUVEAU, Vice président France a présenté le 22 novembre dernier les résultats d’une étude complète réalisée par leurs soins sur la notion de reporting dans la stratégie RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises). Afin de faire un raccourci, la RSE est la réponse française à la volonté internationale de valoriser les démarches des entreprises en matière de Développement Durable.
Il ne me paraît pas utile de discuter tout le contenu de l’étude réalisée par PLEON sur ce sujet ni de retranscrire l’ensemble des propos des débats ayant eu lieu lors de cette parution officielle tellement le panel des thématiques, des sensibilités, des perceptions, des motivations et des acteurs est large.
Je ferai donc un focus sur deux points qui ont attiré mon attention.
- La RSE : avantage concurrentiel ou décalage culturel… ?
- La légitimité démocratique : exception française….. ?
Je traite en premier lieu ce point lié à la notion d’avantage concurrentiel. L’étude met en avant le résultat suivant : 26% des entreprises de culture anglo-saxonne estiment que le reporting RSE est un avantage concurrentiel quand à la même question répondent positivement 50% des entreprises continentales.
Si l’on tente de superposer un autre résultat à ce premier %, l’indice qui définit la part, très majoritaire, d’entreprises anglo-saxonnes en tête des 500 premières entreprises dans le monde nous pouvons interpréter cette idée d’avantage concurrentiel de deux manières. La première interprétation conduirait à croire que les entreprises continentales disposent d’un levier de performance intéressant dans une période où elles doivent trouver de nouveaux axes de développement dans un processus de globalisation galopant afin de garantir leur compétitivité; ce levier serait alors le développement durable valorisable grâce à un reporting RSE régulier, plus ou moins en voie de normalisation. La seconde interprétation plus cynique pousserait à croire que les entreprises continentales ignorent parfaitement la notion même de concurrence et que ce levier RSE serait en fait un exercice intellectuel de plus produit par des autorités continentales (pour ne pas dire uniquement françaises) en mal de contrôle sur les entreprises performantes et compétitives, ce qui est tabou dans nos régions. L’avenir nous dira laquelle de ces deux hypothèses est correcte.
Le second focus que j’ai souhaité faire est motivé par l’intervention de Mme Laurence MINE, Vice présidente de l’ONG 4D et qui dit « devoir constater que la légitimité démocratique est en France historiquement l’appropriation de l’Etat alors que dans de nombreux autres pays, les Etats délèguent volontiers une partie de cette responsabilité citoyenne à des ONG avec tous outils utiles à la réalisation de leur mission (à commencer par les financements) ». Un exemple à étudier est la situation des USA au sein duquel l’application de cette stratégie conduit à ce que 12% de l’économie nationale soit le fait des ONG engagées dans cette responsabilité citoyenne.
En effet, je partage assez cet avis selon lequel l’Etat doit se concentrer sur ces missions régaliennes et étudier d’autres méthodes de gestion pour les missions qui ne lui incombent pas spécifiquement. Sans doute aussi faudra-t-il au préalable redéfinir précisément quelles sont ces missions régaliennes car aujourd’hui l’appareil d’Etat mis en œuvre laisse un flou manifeste sur le sujet. L’intérêt que l’état aurait notamment à partager cette responsabilité citoyenne en co-assurant le respect des principes démocratiques dans nos pays serait de pouvoir mettre en application sur ce champ là précisément les récents principes de partenariats public/privé. Il permettrait aussi de travailler à l’application d’un nouveau type de régulation au plan national qui serait de la co-régulation. L’échec de l’auto-régulation et de la répression ayant récemment prouvé leur inefficacité, on peut se poser la question de savoir pourquoi personne n’en parle et pire même personne n’y pense… !
Note d’humeur de Geoffroy VILBERT, un certain dimanche 27 novembre à Paris sous les premiers flocons d’un hiver déjà au rendez-vous….
17:09 Publié dans Veille Stratégique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




