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samedi, 22 octobre 2005

La cohésion sociale est-elle renforcée en opposant riches et pauvres

Par Jean-André Tsimaratos

Vice-président de SOCRATES Europe

La discussion par le Parlement du projet de budget 2006, déposé par le gouvernement, est l’occasion d’un débat public sur les mérites ou les insuffisances de la politique gouvernementale en matière économique. Depuis quelques temps déjà, les hommes politiques de l’opposition, la grande majorité des médias et dans une moindre mesure les syndicats, dénoncent une politique visant à favoriser les couches privilégiées de la société au détriment de celles qui le sont moins.
Dans leur souci de concision, les médias surtout, résument en une phrase coup de poing « on prend aux pauvres pour donner aux riches » un débat, qui mérite beaucoup plus de clarté que ces raccourcis populistes. Car, au-delà du fait qu’on instille dans l’esprit des français les moins favorisés une idée discutable, il n’est pas certain que cela renforce la cohésion sociale et la solidarité tant réclamées par  les uns et les autres.
Depuis les temps immémoriaux, l’opposition riches - pauvres a nourri l’imaginaire populaire. Or, il est normal que dans une société, il y ait ceux qui créent des richesses, pour permettre leur redistribution sous forme de salaires, de taxes et d’impôts à l’ensemble des autres membres de la société. S’il n’y avait pas les créateurs de richesses, il n’y aurait pas de redistribution possible.
Dans les sociétés modernes dans lesquelles nous vivons aujourd’hui, les facteurs dominants de l’économie résident dans les technologies de l’information et les industries de service. Ce qui caractérise ce type d’économies, en matière de réussite, ce n’est pas le capital, mais la capacité d’innover et d’inventer.
En effet, la plupart des créateurs de richesses de notre époque ont d’abord créé un concept et l’ont mis en œuvre avec des moyens de fortune. Mais l’originalité du concept leur a permis de créer d’immenses richesses qui ont à leurs tours permis à d’autres de s’enrichir. Le cas de Bill Gates est à cet égard exemplaire, mais il n’est pas le seul.
Tous les économistes, et tous les dirigeants politiques des pays qualifiés de « tigres économiques » ont compris que pour pouvoir distribuer au plus grand nombre des richesses importantes, il faut d’abord les créer. Et pour les créer, il est indispensable d’encourager ceux qui sont capables de les créer, en les favorisant autant que possible.

Cela peut paraître inégalitaire mais c’est le moyen le plus sûr pour l’Etat d’assurer le plein emploi sans avoir recours aux aides publiques et aussi de récolter des revenus qui lui permettent de procéder à une redistribution satisfaisante sans s’endetter.
Dans le monde mondialisé dans lequel nous agissons, rien ne sert de se lamenter sur les méfaits de l’économie globale, de vouer aux gémonies les chinois et autres asiatiques que nous avons exploités sans vergogne pendant plus d’un siècle, de s’accrocher à des idéologies et des dogmes surannés. Il suffit de privilégier les novateurs, les inventeurs, les scientifiques en leur permettant de travailler dans un cadre économique qui leur permet de créer des richesses.
La lutte des classes est finie. Les clivages traditionnels gauche droite sont terminés. Aujourd’hui, il y a ceux qui veulent que la société progresse et les autres. Les autres sont ceux qui creusent les déficits de l’Etat et les faillites des entreprises, qui défendent les droits et privilèges acquis, les services publics inefficaces, les modèles sociaux qui produisent du chômage mais pas de croissance.
Ceux qui veulent que la société progressent sont pour un Etat fort et compétent recentré sur ces missions régaliennes, des structures décisionnelles décentralisées proches des citoyens, des services publics gérer de manière rationnelle et qui rendent des services aux usagers, la suppression de la notion héréditaire des droits et privilèges acquis, un modèle social créateur de croissance, de plein emploi et d’accompagnement de ceux qui n’arrivent pas à s’adapter aux mutations de notre société.
Ceux qui opposent les riches aux pauvres font partie des autres, des conservateurs pour ne pas dire des réactionnaires. Ils ignorent que celui qui crée a le sens des responsabilités et de partage vis-à-vis de ceux qui travaillent avec lui, car ceux-là lui permettent de produire et de réaliser des profits. Il a la même attitude à l’égard des autres membres de la société dans laquelle il se meut car se sont ses clients. Nul mieux que lui ne défendra les intérêts des membres de cette société.
Ceux qui opposent les riches et les pauvres, font le jeu des extrémistes de tout bord et sapent la cohésion sociale. Que les hommes politiques qui ont occupés des postes ministériels et qui aspirent à en occuper d’autres, méditent sur le fait qu’ils sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis, en utilisant des arguments qui sont de nature à soulever une partie de la communauté nationale contre l’autre.
Qu’ils n’oublient pas un certain 21 avril 2002…….

19:08 Publié dans Veille Stratégique | Lien permanent | Envoyer cette note

Commentaires

Le Mouvement Onixien : http://fedeter.free.fr Moi je crois qu'il n'y a que la solution de la démocratie mondiale qui pourra résoudre une fois pour toutes les maux de nos sociétés modernes.

Ecrit par : eric | jeudi, 27 octobre 2005